Le gouvernement sud-africain a annoncé jeudi l’ouverture d’une enquête pour comprendre comment 17 citoyens ont été entraînés à rejoindre des groupes de mercenaires engagés dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, après avoir initialement sollicité de l’aide pour quitter la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Selon Pretoria, ces jeunes Sud-Africains, âgés de 20 à 39 ans, auraient été attirés par la promesse de contrats de travail « particulièrement lucratifs », avant de se retrouver piégés en zone de conflit et de demander secours.
Le président Cyril Ramaphosa a indiqué qu’il n’était pas encore établi pour quel camp ces hommes combattaient, bien que Moscou soit accusée d’avoir recruté des étrangers sous couvert de propositions d’emploi. La Russie fait également face à des accusations d’avoir trompé des femmes sud-africaines et d’autres ressortissantes africaines, les attirant avec de fausses offres dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, avant de les envoyer travailler dans des usines de drones.
Dans un communiqué, la présidence sud-africaine a dénoncé « l’exploitation de jeunes vulnérables par des individus opérant pour le compte d’entités militaires étrangères », qualifiant ces pratiques d’inacceptables. Pretoria affirme travailler par voie diplomatique afin d’organiser le retour des 17 ressortissants concernés et de les mettre en sécurité.
L’Inde et le Népal ont déjà signalé des cas similaires, indiquant que plusieurs de leurs citoyens avaient été recrutés pour combattre pour la Russie sous de fausses promesses d’emploi. L’Ukraine, de son côté, affirme que Moscou fait appel à des mercenaires venus d’Afrique et d’autres régions du monde pour compenser ses pertes sur le front. Une enquête de l’Associated Press a révélé l’an dernier que des centaines de femmes africaines avaient été trompées et employées dans une usine de drones en Russie, dans la zone économique spéciale d’Alabuga, au Tatarstan.
Face à cette multiplication de cas, les autorités sud-africaines avaient déjà lancé un avertissement en août, mettant en garde les jeunes femmes contre des annonces frauduleuses diffusées sur les réseaux sociaux par des influenceurs promettant emplois ou études en Russie. Pretoria appelle désormais à une vigilance accrue afin de protéger sa jeunesse contre les réseaux de recrutement exploitant la vulnérabilité économique et l’espoir d’opportunités à l’étranger.