À Minneapolis, les Somaliens face à la peur, unis par la solidarité et la résistance citoyenne

À Minneapolis, au cœur de l’hiver rigoureux du Minnesota, les habitants s’organisent comme ils le peuvent pour veiller les uns sur les autres. Malgré le froid et la peur, la solidarité s’est imposée comme une réponse collective face aux opérations de la police de l’immigration, engagée dans une traque des étrangers sans papiers qui bouleverse la vie des quartiers.

Nasro Hassen, d’origine somalienne, fait partie des communautés directement visées par la rhétorique et les politiques anti-immigration de Donald Trump. Avec un groupe de femmes, elle a choisi une forme de résistance à la fois simple et profondément humaine. Elles préparent du thé somalien pour se réchauffer, un thé parfumé au gingembre qui lui donne une saveur particulière. Elles le partagent avec leurs voisins, qui l’apprécient et, surtout, qui leur ont apporté un soutien précieux lors des interventions de l’ICE. Ces voisins se sont tenus à leurs côtés, sont venus les protéger. En retour, Nasro et ses amies leur offrent du thé et des sambusas, dans un échange où l’entraide devient un langage commun.

Depuis le début des manifestations contre la police anti-immigration, deux Américains ont perdu la vie. Renée Good, une mère de famille, a été tuée le 8 janvier. Puis Alex Pretti, un jeune infirmier, a à son tour été emporté par une autre tragédie. Lors des hommages rendus à ces victimes, Nasro Hassen était présente, distribuant son thé somalien. En tant que mères, explique-t-elle, la douleur a été immense face à cette femme arrachée à ses enfants. La perte de ce jeune homme engagé a, elle aussi, brisé bien des cœurs. Ces disparitions ont profondément marqué la communauté.

Dans les quartiers, des patrouilles citoyennes se sont organisées pour repérer les véhicules de l’ICE et alerter le voisinage à l’aide de sifflets, de klaxons et de cris. Une vigilance constante, devenue une routine pour beaucoup. Nasro Hassen s’y est habituée, comme tant d’autres, dans une ville où la peur a renforcé les liens et où la solidarité, parfois autour d’une simple tasse de thé chaud, est devenue un acte de résistance.

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