À Antananarivo, la contestation portée par la jeunesse reprend de la vigueur. Réunis le 4 mars 2026 à Alarobia, les membres du collectif Génération Z ont relancé leurs critiques contre la gouvernance de la transition et exigé la dissolution de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et de l’Assemblée nationale. Pour ces jeunes militants, ces institutions auraient perdu toute crédibilité et ne garantiraient plus la transparence du système démocratique. Ils dénoncent également un climat marqué par la corruption et les intimidations, affirmant que les revendications formulées depuis plusieurs mois sont restées sans réponse.
Moteur des mobilisations citoyennes de septembre et octobre 2025 qui ont conduit à la chute d’Andry Rajoelina, la Génération Z affirme aujourd’hui se sentir trahie par l’évolution de la transition politique. Lors d’une conférence de presse organisée au Novotel d’Alarobia, ses représentants ont accusé certaines élites politiques et économiques d’avoir confisqué l’esprit du mouvement populaire. Selon eux, l’objectif initial n’était pas de procéder à de simples ajustements institutionnels mais d’engager un véritable changement de système. Le mouvement dénonce également la présence, autour du pouvoir, de personnalités controversées issues d’anciens réseaux politiques ou économiques.
Face à ce qu’ils décrivent comme une dérive du processus de transition dirigé par le colonel Michaël Randrianirina, les militants de la Génération Z estiment qu’une refonte profonde des institutions est désormais indispensable pour restaurer la confiance de la population. Ils considèrent la dissolution de la HCC, de la CENI et de l’Assemblée nationale comme une étape nécessaire pour sortir de l’impasse politique actuelle. Mais certains observateurs préviennent qu’une telle mesure, si elle était appliquée sans mécanisme de remplacement clair, pourrait fragiliser l’équilibre institutionnel du pays. Reste à savoir si les autorités de transition accepteront d’entendre les revendications de ces jeunes, qui dénoncent déjà la lenteur de la mise en place annoncée de l’Assemblée des jeunes.