En Tunisie, la condamnation de la militante antiraciste Saadia Mosbah a été confirmée mardi par la justice à l’issue d’un nouveau procès à Tunis.
Âgée de 66 ans, cette figure emblématique de la défense des migrants et des personnes noires en Tunisie a été condamnée à huit ans de prison pour des faits liés à des malversations financières. Une décision vivement contestée par ses avocats ainsi que par plusieurs organisations de défense des droits humains.
Détenue depuis près de deux ans en détention provisoire, Saadia Mosbah est accusée de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite. Plusieurs membres de l’association Mnemty, qu’elle a fondée pour lutter contre le racisme et accompagner les victimes de discriminations, ont également écopé de peines de prison allant d’un à trois ans.
Ses soutiens dénoncent des poursuites à caractère politique et pointent des irrégularités dans la procédure judiciaire. Les autorités tunisiennes, elles, défendent une affaire relevant du droit commun.
Depuis plusieurs années, Saadia Mosbah s’est imposée comme l’une des principales voix de la lutte contre le racisme en Tunisie. Son travail a notamment contribué à documenter de nombreux cas de discriminations raciales et à promouvoir la loi tunisienne contre le racisme adoptée en 2018.
Cette condamnation intervient dans un contexte de fortes tensions autour des questions migratoires et suscite de vives inquiétudes parmi plusieurs organisations internationales de défense des droits humains.