La capitale somalienne, Mogadiscio, a été secouée par de violents affrontements entre les forces gouvernementales et des groupes proches de l’opposition, sur fond de tensions politiques liées au report des élections nationales. Des échanges nourris de tirs ont éclaté dans plusieurs quartiers de la ville et se sont poursuivis une grande partie de la nuit, plongeant les habitants dans un climat de peur et d’incertitude.
À l’origine de la crise figure la prolongation d’un an du mandat du président Hassan Sheikh Mohamud, dont le mandat officiel a expiré le 15 mai. L’opposition dénonce une décision contraire à la Constitution et accuse le pouvoir de vouloir retarder le processus démocratique. Plusieurs manifestations étaient prévues pour protester contre cette mesure, qui divise profondément la classe politique somalienne.
Le gouvernement affirme avoir lancé une opération de sécurité visant des groupes armés responsables d’attaques au mortier dans certains secteurs de la capitale. L’opposition rejette cette version et accuse les autorités d’utiliser la force pour faire taire toute contestation. L’ancien Premier ministre Hassan Ali Khaire a notamment dénoncé des tentatives d’intimidation contre des responsables politiques qui préparaient, selon lui, des rassemblements pacifiques.
Les affrontements ont causé d’importants dégâts matériels dans plusieurs quartiers résidentiels, sans qu’aucun bilan officiel des victimes ne soit encore disponible. Si l’aéroport international Aden Adde continue de fonctionner normalement, la communauté internationale suit la situation avec inquiétude. Les États-Unis, l’IGAD et l’Union européenne ont appelé au dialogue et à la retenue, alors que la Somalie traverse une nouvelle phase d’incertitude politique dans un contexte déjà fragilisé par les défis sécuritaires et la menace persistante des groupes jihadistes.,