Réseaux sociaux : la dangereuse banalisation des symboles du Royaume

Par : Amal Mellakh. Doctorante en Patrimoine.

Dans une époque où l’instantanéité numérique semble dissoudre les frontières du sacré, il devient impératif de marquer un temps d’arrêt et de réflexion solennel pour interroger la dérive de certaines pratiques iconographiques sur la toile. Le Maroc n’est pas une construction géopolitique interchangeable ; il est le fruit d’une sédimentation historique millénaire, une alchimie singulière entre une Nation et sa Dynastie, dont la symbiose fait l’objet d’une admiration, voire d’une pointe d’envie, de la part d’observateurs étrangers. Le Maroc ne se définit pas uniquement par la simple contiguïté de ses frontières, mais par une profondeur historique et une transcendance institutionnelle des plus exceptionnelles dans l’histoire du monde et des monarchies, cette exception marocaine, dont le cœur battant réside dans la relation séculaire entre le peuple et sa Dynastie, repose sur un socle de sacralité qu’il faut jalousement protéger.

Malheureusement, nous assistons aujourd’hui à l’émergence d’un phénomène aussi délétère qu’insidieux : une forme de désacralisation numérique où les symboles les plus augustes de notre patrie sont jetés en pâture à une créativité dévoyée, sous le prétexte d’une maîtrise technologique souvent superficielle, certains internautes s’adonnent à la manipulation de l’image Royale et des attributs de la souveraineté nationale, ignorant que le symbole n’est pas un simple ornement, mais le dépositaire de l’inconscient collectif et le garant de la cohésion .
Voir circuler sur les réseaux sociaux des images détournées de nos Rois, et de la famille royale, ou encore des billets de banque roulés en « cigare culinaire » , n’est pas une simple fantaisie, c’est surtout une atteinte directe à l’héritage d’une dynastie et à l’histoire d’un pays qui a toujours su conjuguer modernité et fidélité à ses racines.

L’utilisation de l’intelligence artificielle, présentée par ses thuriféraires comme un outil de célébration moderne, devient entre des mains imprudentes un vecteur d’iconoclasme.
L’usage de l’IA est intéressant à plus d’un aspect, mais il ne doit strictement jamais servir de prétexte pour banaliser des symboles qui, au contraire, exigent une vénération et une prudence des plus extrêmes, voire des effigies souveraines ou des billets de banque, portant le sceau de notre histoire, détournés dans des mises en scène grotesques constitue une offense à la dignité de la Nation, une atteinte directe et franche à notre héritage , à l’histoire d’un pays qui a toujours su vivre entre liberté d’expression et respect des symboles, Si on prend l’exemple de la monnaie, par exemple, au-delà de sa fonction fiduciaire, est une émanation du pouvoir régalien. En la traitant comme un vulgaire accessoire de mise en scène numérique, ces utilisateurs commettent un acte de déshérence morale, Ils croient, par une naïveté coupable ou un désir de visibilité éphémère (malheureusement et bêtement stimulé par l’obsession des nombres de vues), bien faire en « modernisant » l’image du pouvoir, alors qu’ils ne font qu’en diluer la solennité indispensable. Cette promiscuité visuelle avec le sacré est une dérive sémantique qui tend à transformer l’intangible en objet de consommation malléable, une faute éthique que nous ne saurions occulter sous le voile de la liberté de création.
Cette déviance est d’autant plus frappante qu’elle contraste violemment avec la ferveur authentique et l’unité organique qu’à chaque fois qu’il y a une festivités ( sport , politique, diplomatique ou autres … ) tous on ressent le moment de grâce collective qui n’était pas le fruit d’une simulation algorithmique, mais l’expression d’une fierté viscérale, unanime et profondément ancrée dans le réel, dans chaque foyer, sur chaque place publique, le portrait du Souverain et le drapeau national étaient brandis comme les talismans d’une victoire qui dépassait le cadre, pour devenir une célébration de notre identité commune. Le monde entier a alors pu contempler ce que le Maroc a de plus précieux : ce lien indéfectible et sacré qui nous unit à nos Rois et la famille royale, Comment alors accepter que, sitôt l’euphorie passée, cette même identité soit souillée par des montages numériques qui bafouent l’étiquette, le protocole et la décence la plus élémentaire, sous prétexte qu’on veut créer du contenu sur des réseaux sociaux ou qu’on fasse preuve de créativité par des images familiers aux marocains ? Il y a là une dissonance cognitive qu’il convient de dénoncer avec la plus grande fermeté, car oui à l’innovation, oui à la créativité, mais NON à l’atteinte des symboles sacrés de notre Maroc.
Le respect dû aux symboles sacrés du Royaume n’est pas une simple convention sociale susceptible d’évoluer au gré des modes technologiques, c’est un impératif catégorique qui conditionne la pérennité de notre édifice social. Si la pédagogie doit rester le premier levier pour guider une jeunesse parfois grisée par l’immédiateté des réseaux sociaux, la sévérité doit désormais prendre le relais là où la sensibilisation échoue. On ne saurait transiger avec la sacralité de nos institutions. L’anarchie visuelle que l’on observe sur certaines plateformes ( réseaux sociaux, télévision…) qui, sous couvert de modernité, sape les fondements mêmes de notre exception nationale. Le génie marocain a toujours résidé dans sa capacité unique à maintenir le progrès technique avec la préservation jalouse de ses traditions séculaires. Permettre que l’IA devienne l’instrument d’une désacralisation systématique reviendrait à renier ce qui fait notre force et notre singularité.
Il est temps que chaque citoyen, chaque utilisateur de ces outils numériques, prenne conscience de la portée de ses actes. La manipulation de l’image du Roi ou des symboles de l’État n’est pas un jeu de construction virtuel, c’est une atteinte au cœur de la Nation. Face à la jalousie extérieure que suscite notre stabilité et notre attachement à nos racines, la vigilance doit être absolue et strictement et rigoureusement tenue, sans oublier le nombre d’internautes malheureusement dans la majorité font pas la différence entre le vrai et le fake. Le respect du sacré est le garde-fou contre l’érosion de notre identité et que notre identité ne soit pas un souvenir fugace, mais le rappel constant que notre grandeur réside dans la révérence envers ce qui nous unit.
La modernité ne doit jamais être le tombeau de la solennité
Le respect des symboles sacrés n’est pas une option : c’est un devoir strict et qui ne doit tolérer aucune négociation, gardons cela bien en tête.
À bon entendeur salut .

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous Post

Libye : un ancien directeur de prison jugé par la CPI pour crimes contre l’humanité

Next Post

La Havane dénonce une offensive politique après l’inculpation de Raúl Castro

Related Posts