Ebola : une nouvelle épidémie inquiète l’Afrique centrale en RDC

Une nouvelle épidémie d’Ebola vient d’être déclarée dans l’est de la République démocratique du Congo, plus précisément dans la province de l’Ituri, une région frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Selon le CDC Afrique, 246 cas suspects et 65 décès ont déjà été signalés. Cette province riche en or connaît d’importants mouvements de population liés à l’exploitation minière, dans un contexte sécuritaire extrêmement fragile marqué par les affrontements entre milices armées.

Les autorités sanitaires s’inquiètent particulièrement d’une propagation vers Bunia, principale ville de l’Ituri, où plusieurs cas suspects ont déjà été détectés. À Kinshasa, les analyses de laboratoire ont confirmé plusieurs cas d’Ebola, dont quatre décès. Les premiers résultats suggèrent une souche non zaïroise du virus, alors que le seul vaccin actuellement approuvé cible uniquement la souche Ebola Zaïre, réputée comme la plus mortelle avec un taux de létalité pouvant atteindre 90 %.

Sur le terrain, la situation devient de plus en plus alarmante. À Mongbwalu et Rwampara, des habitants décrivent une multiplication brutale des décès depuis plusieurs semaines. Certains témoignages évoquent jusqu’à cinq ou six morts par jour dans certaines zones. Des enterrements se déroulent parfois sans que les causes exactes des décès soient connues, alimentant l’inquiétude et la peur au sein de la population. Les centres de santé tentent d’isoler les patients suspects, mais manquent cruellement d’équipements de protection et de matériel médical.

L’insécurité complique fortement la réponse sanitaire. Certaines zones restent difficiles d’accès pour les équipes médicales en raison des violences armées, tandis que les infrastructures routières dégradées ralentissent considérablement l’acheminement des médicaments dans ce pays immense, quatre fois plus grand que la France. Des équipes de l’Organisation mondiale de la santé ainsi que de Médecins Sans Frontières ont été déployées afin d’évaluer les risques et tenter de contenir l’épidémie.

L’Ebola reste l’une des maladies virales les plus meurtrières au monde depuis son identification en 1976 en RDC. Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels et peut provoquer de graves hémorragies ainsi qu’une défaillance des organes. Cette nouvelle flambée est déjà la 17e épidémie recensée dans le pays. Entre 2018 et 2020, la plus grave épidémie de l’histoire récente de la RDC avait causé près de 2 300 morts. Au total, Ebola aurait fait environ 15 000 victimes en Afrique au cours des cinquante dernières années malgré les progrès réalisés dans les traitements et les vaccins.

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