La RDC, le Cameroun et le Gabon illustrent trois réalités différentes de l’Afrique centrale, mais un même problème de fond : transformer le potentiel en résultats mesurables.
En RDC, l’enjeu est colossal. Le pays possède un sous-sol stratégique, une taille démographique exceptionnelle et une position centrale dans l’économie régionale. Mais sa croissance reste freinée par le manque d’infrastructures, la faiblesse des chaînes de valeur et une capacité institutionnelle encore limitée. Les initiatives autour de l’inclusion numérique et des infrastructures sont importantes, mais elles restent insuffisantes face à l’ampleur du défi.
Le Cameroun, de son côté, incarne une forme de stabilité sans accélération. L’économie tient, les grands équilibres restent relativement préservés, mais l’ensemble avance trop lentement pour provoquer un vrai changement d’échelle. Les annonces de projets dans l’immobilier, l’industrie ou les infrastructures existent, mais leur exécution tarde souvent à produire un impact visible sur l’emploi et sur la productivité. Le pays semble donc coincé entre prudence et immobilisme.
Au Gabon, la question centrale reste celle de la valorisation des ressources naturelles. L’exemple du kevazingo montre que le pays cherche à mieux capter la valeur créée sur son territoire. Dans un contexte où la souveraineté économique est redevenue une priorité politique majeure sur tout le continent, cette capacité à retenir plus de valeur localement devient stratégique. Il ne s’agit plus seulement d’extraire ou d’exporter, mais de transformer, de structurer et de mieux répartir les bénéfices.
Ces trois pays disent au fond la même chose : l’Afrique centrale possède des leviers puissants, mais réussira-t-elle elle à améliorer son exécution, sa gouvernance et sa capacité à rendre l’économie plus lisible pour les acteurs privés ?
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