Fièvre aphteuse : La Zambie verrouille sa frontière pour sauver son cheptel

À l’aube, dans les postes frontaliers du sud de la Zambie, les camions transportant du bétail ne passent plus. La décision est tombée sans préavis : suspension immédiate de tous les permis d’importation en provenance d’Afrique du Sud. Derrière cette fermeture ciblée, une menace invisible mais redoutée des éleveurs, la fièvre aphteuse, détectée chez le voisin sud-africain. Pour Lusaka, il s’agit d’un réflexe de survie économique autant que sanitaire.

La mesure ne concerne pas seulement les animaux vivants. Aliments pour bétail, peaux, cuirs, produits issus d’animaux à sabots fendus, jusqu’aux permis déjà délivrés : tout est gelé. Le ministère des Pêches et de l’Élevage, par la voix de son porte-parole Benny Munyama, assume une stratégie de choc destinée à protéger une filière nationale vulnérable face à une maladie capable de décimer un cheptel en quelques semaines. Les autorités préviennent toutefois que ce verrou pourra être levé si la situation épidémiologique évolue.

Au même moment, Pretoria reconnaît l’ampleur de la crise. Le président Cyril Ramaphosa a qualifié l’épidémie de catastrophe nationale, la plus grave depuis des années, et lancé un programme massif de vaccination visant 14 millions de bovins sur douze mois. Un chantier colossal qui révèle le poids économique et alimentaire de l’élevage dans la région.

Entre prévention sanitaire et ralentissement des échanges, cette fermeture illustre la fragilité des équilibres commerciaux en Afrique australe. La frontière, habituellement traversée par des flux agricoles constants, devient une ligne de défense. Dans les campagnes zambiennes, l’enjeu est clair : mieux vaut stopper le commerce aujourd’hui que reconstruire un cheptel demain.

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous Post

Antananarivo–Moscou : la nouvelle alliance qui redessine les équilibres malgaches

Related Posts