Dans les couloirs du siège d’Amsterdam, le message est clair : le temps de l’expansion facile est révolu. Heineken, deuxième brasseur mondial, prévoit de supprimer entre 5 000 et 6 000 emplois d’ici deux ans. Une décision inscrite dans sa stratégie « EverGreen 2030 », pensée pour adapter le groupe à un marché devenu plus incertain.
L’année 2025 a confirmé le ralentissement. Les volumes de ventes ont reculé, notamment en Europe et aux États-Unis, où les consommateurs réduisent leur consommation d’alcool pour des raisons de santé et de pouvoir d’achat. Dans ce contexte, la direction assume un virage vers davantage de productivité et de discipline budgétaire.
« Nous faisons cela pour renforcer nos opérations et investir dans la croissance », a assuré le directeur financier Harold van den Broek. Pour 2026, le groupe anticipe une progression modérée de son bénéfice opérationnel, comprise entre 2 % et 6 %, après une hausse de 4,4 % en 2025.
Cette annonce intervient presque cinq ans après un précédent plan social majeur. En février 2021, Heineken avait déjà supprimé environ 8 000 postes pour faire face aux conséquences de la pandémie, qui avait entraîné la fermeture prolongée des bars et restaurants et fait chuter son chiffre d’affaires de 17 % en 2020.
La nouvelle restructuration coïncide aussi avec le départ annoncé du directeur général Dolf van den Brink, après six années à la tête du groupe. Présent dans plus de 190 pays et fort d’environ 87 000 salariés, Heineken cherche désormais à se réorganiser pour affronter un secteur brassicole plus concurrentiel, plus volatil et structurellement moins dynamique qu’auparavant.