En Afrique centrale, l’institution censée incarner l’unité économique tourne au ralenti. Asphyxiée financièrement, la Commission de la CEMAC a décidé de suspendre temporairement une partie de ses activités, réduisant son fonctionnement à l’essentiel. Réunions administratives, missions officielles et déplacements non prioritaires passent à la trappe, dans une tentative d’éviter l’arrêt complet de la machine communautaire.
Au cœur de la crise, un problème structurel : la taxe communautaire d’intégration, principale source de financement de l’organisation, n’est que partiellement reversée par les États membres. L’an dernier, moins de la moitié des montants attendus a été transférée, révélant des finances publiques sous tension et une solidarité régionale fragile. Face à cette situation, le président de la Commission, Baltasar Engonga, a lancé un appel pressant aux capitales de la zone, tout en plaidant pour un mécanisme automatique de prélèvement.
Si les activités dites « hautement stratégiques » sont maintenues, cette mise en veille pourrait ralentir les projets d’infrastructures, freiner la libre circulation et fragiliser davantage un processus d’intégration déjà poussif. Plus qu’un problème de trésorerie, cette crise expose les limites politiques d’une union régionale dépendante de la volonté – et des finances de ses États membres.