Après seize ans de gel, l’État malgache remet en marche la délivrance des permis miniers. La décision, entérinée en conseil des ministres, marque un tournant pour un secteur clé de l’économie nationale, resté figé depuis des années par des blocages administratifs et juridiques. Le ministère des mines parle d’une reprise progressive, présentée comme une étape de réorganisation plutôt qu’un simple retour à la normale.
Dans un premier temps, la priorité sera donnée à près de 3 000 dossiers déposés avant la suspension et restés en attente. Ces demandes seront traitées selon l’ordre chronologique de dépôt, avec la possibilité pour les requérants de mettre à jour leurs documents afin de se conformer aux nouvelles règles. L’administration prévient toutefois que l’instruction prendra du temps : chaque dossier devra être examiné, avec un délai moyen estimé à environ 60 jours entre le dépôt complet et l’octroi du permis.
Les autorités affirment que cette relance est rendue possible par la mise en place d’un nouveau cadre juridique, notamment un code minier révisé et ses textes d’application. Pour l’instant, les nouvelles demandes ne sont pas encore acceptées, le gouvernement souhaitant d’abord finaliser le dispositif et former les acteurs du secteur. En toile de fond, la reprise des permis relance une question centrale pour le pays : comment exploiter ses richesses minières tout en garantissant transparence, souveraineté économique et bénéfices concrets pour la population.