Dimanche soir à Los Angeles, Tyla, étoile montante de l’amapiano sud-africain, a remporté son deuxième Grammy pour Push 2 Start, devançant Burna Boy et Davido. À peine entrée dans l’âge adulte, elle incarne une génération qui a grandi avec internet et qui transforme les rythmes africains en phénomènes planétaires, écoutés et repris aux quatre coins du monde.
Cette célébration du présent s’est accompagnée d’un regard vers le passé. Fela Kuti, figure révolutionnaire de l’afrobeat nigérian, a reçu à titre posthume un Lifetime Achievement Award, remis à sa famille. Vingt-neuf ans après sa disparition, son héritage musical et politique continue d’influencer les artistes et de nourrir les luttes sociales, rappelant que certaines voix ne s’éteignent jamais, même après plusieurs décennies.
Les nominations africaines ont dessiné une carte sonore riche et intergénérationnelle. Burna Boy, Davido, Ayra Starr, Eddy Kenzo, Youssou N’Dour et Angélique Kidjo figuraient parmi les artistes en lice, illustrant la cohabitation entre les pionniers, les figures établies et la nouvelle vague. L’amapiano et l’afrobeat, autrefois cantonnés à des scènes locales, s’imposent aujourd’hui comme des genres structurants de la pop mondiale.
Au-delà des récompenses, cette édition des Grammys a confirmé un tournant culturel. L’Afrique participe dorénavant à sa redéfinition. La reconnaissance internationale des talents africains n’est plus une exception, mais une tendance durable, portée par une industrie et un public global en quête de nouveaux sons et de nouvelles histoires.