À l’est de Kinshasa, le Domaine agro-industriel présidentiel de la N’Sele (DAIPN) s’apprête à sortir de son long silence. Longtemps vitrine de l’ambition agricole congolaise, ce site emblématique va bénéficier d’un programme de relance financé par l’État. Sur la période 2026-2028, le gouvernement prévoit d’y injecter 41,8 milliards de francs congolais, soit environ 18,3 millions de dollars, dans l’objectif de reconstruire une filière avicole locale capable de réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires.
Ce projet s’inscrit dans le programme triennal d’investissement public et se veut un signal politique fort : relancer la production nationale, créer des emplois et redonner un rôle stratégique à l’agriculture industrielle. Pour les autorités, la N’Sele doit redevenir un pôle pilote, capable d’entraîner d’autres initiatives privées et publiques dans un pays où la sécurité alimentaire reste un défi structurel.
Pourtant, le domaine a traversé une période critique. Créé en 1966, modernisé par vagues successives, notamment dans les années 2010 via des partenariats public-privé, le site a fini par s’arrêter faute de financements. Début 2026, les activités ont cessé, les installations sont restées à l’abandon et le personnel a été placé en congé sans solde, symbole d’un modèle agricole fragilisé par les contraintes budgétaires et la gouvernance.
Malgré cette interruption, le potentiel reste considérable. En 2022, le domaine comptait plus de 18 000 poules pondeuses et deux grands poulaillers de plus de 9 000 poulets de chair chacun, avec un cycle d’abattage toutes les trois semaines. Des chiffres qui illustrent ce que pourrait redevenir la N’Sele : un acteur central de l’aviculture congolaise, si l’investissement annoncé se traduit par une gestion durable et une vision industrielle cohérente.