En quelques heures, le Bénin a créé la surprise sur les marchés financiers internationaux. Alors que l’État cherchait à mobiliser 500 millions de dollars, les investisseurs ont répondu massivement, avec plus de 7 milliards de dollars de promesses. Routes, infrastructures et projets publics disposent désormais d’un souffle nouveau. Au cœur de cette opération hors norme, un instrument encore discret dans le paysage africain : le sukuk, issu de la finance islamique.
Contrairement à un emprunt classique fondé sur les intérêts, le sukuk repose sur l’économie réelle. Les investisseurs ne financent pas une dette abstraite, mais participent directement à un projet concret; route, bâtiment ou infrastructure publique, dont ils deviennent copropriétaires temporaires. Leur rémunération provient de l’exploitation de cet actif. Avec une émission de 500 millions de dollars sur sept ans, rémunérée à 4,92 %, le Bénin signe une première historique en Afrique sur les marchés internationaux, à un coût nettement inférieur aux taux habituellement pratiqués sur les obligations classiques.
Dans le même temps, le pays a levé 350 millions de dollars supplémentaires via un eurobond, confirmant sa capacité à naviguer entre deux univers financiers. Ce double recours; finance islamique et marchés traditionnels, envoie un message clair : le Bénin sait diversifier ses sources de financement et inspire confiance. Plus qu’une levée de fonds, cette opération consacre une crédibilité financière renforcée et installe le pays comme un acteur désormais écouté sur la scène économique mondiale.