Le Burkina Faso a enclenché, ce 19 janvier 2026 à Ouagadougou, un chantier qui dépasse largement la pose d’une première pierre. En lançant les travaux du centre de supervision des infrastructures numériques, sous l’impulsion de la ministre de la transition digitale Aminata Zerbo/Sabane, l’État affiche une ambition claire : ne plus subir le numérique, mais le gouverner. Pensé comme un pilier stratégique, ce projet marque une étape décisive dans la quête de souveraineté numérique du pays, à l’heure où les données, les réseaux et la cybersécurité sont devenus des enjeux de puissance.
Érigé sur cinq niveaux, le futur centre sera le cerveau opérationnel du système numérique national. Il centralisera la surveillance du backbone national, la sécurisation du cyberespace, l’exploitation des datacenters publics et la protection des infrastructures numériques critiques de l’État. Autrement dit, un poste de commandement destiné à anticiper les menaces, garantir la continuité des services publics et assurer un pilotage autonome des systèmes numériques. Le chantier, estimé à plus de 3,04 milliards de FCFA, s’étalera sur neuf mois, avec une mise en service attendue en octobre 2026.
Au-delà de la technologie, le projet s’inscrit dans une vision politique assumée : celle des « zéros stratégiques », zéro données publiques hébergées hors du pays, zéro bâtiment administratif non connecté, zéro infrastructure critique laissée sans protection. Entièrement conçue par des compétences burkinabè, l’architecture du bâtiment revendique le savoir-faire local, tandis que la construction et le contrôle technique associent expertises nationales et internationales. À travers ce centre, le Burkina Faso envoie un message sans détour : la transformation digitale devient un choix de souveraineté et de résilience nationale.