Au Cameroun, le procès très attendu des arrestations postélectorales s’ouvre à Yaoundé

Près de 140 personnes sont attendues ce 8 janvier devant le tribunal militaire de Yaoundé, à l’occasion de l’ouverture de leur procès lié à la crise postélectorale d’octobre 2025 au Cameroun. Les prévenus avaient été arrêtés dans les jours et semaines ayant suivi l’annonce des résultats du scrutin présidentiel, marqué par de vives contestations et des tensions dans plusieurs régions du pays.

Les personnes poursuivies sont accusées, selon les autorités, d’atteinte à la sûreté de l’État, de participation à des mouvements insurrectionnels et de troubles à l’ordre public. Depuis leur arrestation, elles sont détenues dans différentes prisons de la capitale, notamment à Kondengui et à Mfou. Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent des détentions prolongées sans jugement et s’inquiètent des conditions de leur incarcération.

La crise postélectorale avait éclaté après la proclamation des résultats officiels, rejetés par une partie de l’opposition et de la société civile. Des manifestations avaient été organisées dans plusieurs villes, rapidement réprimées par les forces de sécurité. Les autorités camerounaises avaient alors justifié ces arrestations par la nécessité de préserver la stabilité et de prévenir toute tentative de déstabilisation du pays.

L’ouverture de ce procès est scrutée de près par l’opinion publique nationale et internationale, dans un climat politique toujours tendu. Pour les familles des détenus et les avocats de la défense, cette audience représente une étape décisive pour faire la lumière sur les circonstances des arrestations et garantir le respect des droits des accusés. Le gouvernement, de son côté, affirme vouloir traiter ce dossier dans le strict cadre de la loi, tout en maintenant une ligne de fermeté face aux contestations postélectorales.

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