Cameroun : le numérique entre dans le champ de l’impôt dès 2026 

Le Cameroun franchit un nouveau cap dans la fiscalisation de l’économie numérique. À partir du 1er janvier 2026, les entreprises digitales opérant depuis l’étranger sans présence physique dans le pays seront soumises à un impôt minimum de 3 % sur le chiffre d’affaires généré localement. La mesure, inscrite dans la loi de finances 2026, cible les plateformes comptant au moins 1 000 utilisateurs camerounais ou réalisant un chiffre d’affaires annuel d’au moins 50 millions de FCFA. 

Selon l’administration fiscale, cette réforme vise à corriger un déséquilibre de longue date entre entreprises locales, déjà imposées, et acteurs numériques internationaux jusque-là peu ou pas taxés malgré leur activité sur le marché camerounais. En fonction de l’ampleur de leurs opérations, certaines plateformes pourraient même basculer vers le régime fiscal classique, avec une imposition fondée sur les bénéfices réels. Les procédures de déclaration et de paiement seront entièrement dématérialisées via une plateforme dédiée de la Direction générale des Impôts. 

Au-delà de l’équité fiscale, l’enjeu est aussi budgétaire. Le gouvernement entend capter une part plus juste de la valeur créée par un secteur en forte croissance, afin de renforcer les recettes publiques. Cette orientation s’inscrit dans une dynamique internationale portée par les travaux de l’OCDE sur l’imposition des activités numériques et des multinationales sans présence physique. 

Cette nouvelle taxe vient compléter une série de mesures déjà mises en place ces dernières années, notamment la TVA sur le commerce en ligne, les prélèvements liés au Mobile Money et l’imposition allégée des revenus issus des plateformes numériques. Progressivement, le numérique s’impose ainsi comme un levier fiscal stratégique pour l’État camerounais, à la croisée des enjeux économiques, technologiques et budgétaires. 

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