L’élimination du Gabon dès le premier tour de la Coupe d’Afrique des nations 2025 a provoqué une onde de choc au sommet de l’État. Mercredi 31 décembre, le ministre des Sports, Simplice-Désiré Mamboula, a annoncé une série de sanctions sans précédent : suspension de l’équipe nationale, dissolution du staff technique et mise à l’écart de deux figures majeures du vestiaire, Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga. Une décision radicale, prise au lendemain de la défaite face à la Côte d’Ivoire (3-2), troisième revers consécutif des Panthères dans la phase de groupes, scellant leur élimination prématurée.
Dans une déclaration diffusée à la télévision nationale, le ministre a justifié ces mesures par « la prestation déshonorante » de la sélection, estimant que la situation imposait une réponse forte de l’État. Quelques heures plus tard, la vidéo a été retirée des plateformes officielles avant d’être remise en ligne le lendemain, signe des tensions entourant cette prise de parole. L’échec sportif a également été examiné en Conseil des ministres, preuve que la débâcle dépasse désormais le cadre sportif pour devenir une affaire d’État.
Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a lui aussi pris la parole pour dénoncer une crise plus profonde. « C’est une part de l’identité nationale qui se trouve fragilisée », a-t-il déclaré, pointant « l’absence de méthode et la dispersion des ressources » au sein de la sélection. Il a promis des « décisions fortes et structurantes » afin de rétablir discipline, responsabilité et ambition dans la gouvernance du sport gabonais, laissant entrevoir une refonte plus large du système.
Sur le plan sportif, la fracture est désormais ouverte. Mis à l’écart, Pierre-Emerick Aubameyang a réagi sur le réseau X, dans un message depuis supprimé, estimant que « les problèmes de l’équipe sont bien plus profonds » que sa seule personne. Touché à la cuisse, l’attaquant avait d’ailleurs été libéré par la sélection avant le dernier match face à la Côte d’Ivoire pour rejoindre l’Olympique de Marseille. Dans un contexte déjà fragilisé par le manque de compétitions internationales et une dynamique sportive défaillante, ces sanctions apparaissent moins comme une solution que comme le révélateur d’une crise structurelle profonde, dont le football gabonais peine encore à mesurer l’ampleur.