Sous les voûtes monumentales du Grand Egyptian Museum, un fragment majeur de l’histoire de l’humanité renaît sous les yeux du public. Mardi, un bateau ayant appartenu au pharaon Khéops a été installé dans la grande salle d’exposition, où son patient réassemblage se déroule désormais en temps réel. Taillée dans du bois de cèdre et longue de 42 mètres, cette embarcation sacrée est l’une des deux découvertes en 1954 au pied de la Grande Pyramide de Gizeh, témoins silencieux d’une civilisation vieille de plus de 4 500 ans.
Cette opération d’une précision extrême mobilise une équipe internationale de restaurateurs et d’archéologues. Composé de 1 650 pièces de bois, le navire nécessitera près de quatre années de travail minutieux avant de retrouver sa forme originelle. Il rejoindra alors son jumeau déjà exposé, offrant au public une immersion unique dans le savoir-faire naval de l’Égypte antique, dont la maîtrise technique continue de fasciner les spécialistes du monde entier.
Présent lors du lancement du projet, le ministre du Tourisme et des Antiquités, Sherif Fathy, a salué « l’un des plus grands chantiers de restauration du XXIᵉ siècle ». Le Grand Egyptian Museum, dont l’ouverture marque un tournant majeur pour le patrimoine mondial, abrite près de 50 000 artefacts, dont l’inestimable trésor de Toutânkhamon découvert en 1922. Conçu comme le plus grand musée archéologique au monde, il incarne l’ambition de l’Égypte de faire rayonner son histoire tout en dynamisant son économie touristique.
Situé aux portes du plateau de Gizeh, le musée s’impose déjà comme un symbole de renaissance culturelle. Quant à la fonction exacte de ces bateaux funéraires, elle demeure entourée de mystère : auraient-ils servi à transporter la dépouille du roi Khéops ou à l’accompagner symboliquement dans son voyage éternel aux côtés du dieu solaire Râ ? Plus qu’un vestige, ce navire raconte une civilisation qui concevait la mort comme un passage, et l’éternité comme une traversée sacrée.