Côte d’Ivoire : un investissement stratégique pour transformer la jeunesse en moteur économique 

La Côte d’Ivoire poursuit sa stratégie de développement du capital humain en renforçant ses dispositifs d’insertion professionnelle. Le lancement de la quatrième phase du Programme national de stage, d’apprentissage et de reconversion (PNSAR) marque une nouvelle étape dans la volonté de l’État de faire de la jeunesse un levier de croissance durable. 

Pensé comme un outil de transition entre formation et emploi, ce programme s’inscrit dans la vision économique portée par le Programme jeunesse du gouvernement (2023-2025). L’objectif est double : réduire les vulnérabilités liées au chômage des jeunes et répondre aux besoins croissants du marché du travail en compétences opérationnelles. 

Sur le plan financier, l’initiative représente un effort budgétaire significatif. Plus de 26 milliards de FCFA sont mobilisés pour accompagner plus de 150 000 jeunes à travers des stages, des parcours d’apprentissage et des dispositifs de reconversion. En facilitant l’accès à une première expérience professionnelle, le programme vise à améliorer la productivité globale de l’économie et à renforcer l’employabilité d’une main-d’œuvre encore largement sous-utilisée. 

L’immersion en entreprise, qui concerne la majorité des bénéficiaires, constitue un axe central du dispositif. Elle permet de rapprocher les jeunes des réalités du monde professionnel tout en offrant aux entreprises un vivier de talents formés à moindre coût. Les incitations fiscales accordées aux structures partenaires renforcent cette collaboration public-privé, créant un environnement favorable à l’embauche et à la formalisation de l’emploi. 

À partir de 2026, l’uniformisation des indemnités de stage au niveau du salaire minimum interprofessionnel garanti apporte également une dimension sociale au programme. Cette mesure vise à sécuriser les parcours des jeunes tout en réduisant les inégalités entre secteurs d’accueil, contribuant ainsi à une insertion plus équitable sur le marché du travail. 

Dans un contexte où les indicateurs officiels du chômage des jeunes restent relativement modérés, la réalité économique révèle néanmoins des difficultés persistantes d’accès à des emplois stables et qualifiés. En misant sur l’acquisition de compétences pratiques et directement exploitables, le PNSAR s’attaque à ce déséquilibre structurel entre formation et besoins des entreprises. 

Au-delà de son impact social, le programme apparaît donc comme un investissement à long terme. En préparant une génération plus qualifiée et mieux intégrée à l’économie formelle, la Côte d’Ivoire cherche à consolider sa croissance, à stimuler l’innovation et à renforcer la résilience de son marché du travail face aux mutations économiques régionales et mondiales. 

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