Dans le tumulte de Victoria Island, l’une des zones les plus animées de Lagos, des artistes s’affairent à transformer les murs gris et pollués de la mégapole nigériane en véritables toiles colorées. Le premier festival de street art de Lagos, lancé mercredi pour cinq jours, offre enfin une vitrine à une discipline longtemps restée marginale dans la capitale économique du Nigeria.
Malgré la renommée de Lagos comme centre de l’art contemporain africain, avec ses galeries et musées, le street art n’y avait jamais trouvé sa place comme dans d’autres métropoles du continent telles que Le Cap, Dakar ou Cotonou. Le festival entend changer cette dynamique, en mettant en avant le talent de 16 artistes, dont certains venus de l’étranger, pour célébrer l’énergie et la résilience de la ville sous le thème « Lagos, ville légendaire, ville des rêves ».
Le fondateur du festival, Osa Okunkpolor, alias Osa Seven, insiste sur la dimension sociale de l’événement : « L’art ne doit pas se limiter aux galeries. Il doit être accessible à tous. Nous voulons créer une plateforme pour nos artistes et faire connaître Lagos dans le monde du street art ». Plusieurs quartiers se transforment ainsi en véritables galeries à ciel ouvert, où chaque fresque dialogue avec la communauté et le quotidien des passants.