L’Érythrée se retire de l’Igad, deux ans après sa réintégration 

L’Érythrée a officiellement annoncé vendredi son retrait de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), bloc régional d’Afrique de l’Est, soulignant que l’organisation ne contribuait pas « de manière significative à la stabilité de la région ». Le communiqué du ministère des Affaires étrangères d’Asmara dénonce un bloc qui aurait manqué à ses obligations statutaires et dont le mandat légal serait compromis. 

Ce départ survient seulement deux ans après le retour de l’Érythrée au sein de l’Igad, dont elle avait suspendu la participation en 2007. Dans son annonce, le gouvernement érythréen a souligné que l’organisation ne procurait « aucun avantage stratégique tangible » à ses membres et ne jouait pas un rôle concret dans la sécurisation de l’Afrique de l’Est. 

L’Igad, dont le siège est situé à Djibouti, regroupe huit États membres : Djibouti, l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud et l’Érythrée. L’organisation est dirigée par Workneh Gebeyehu, ancien ministre des Affaires étrangères éthiopien. Depuis sa réintégration en 2023, l’Érythrée n’a participé à aucune activité de l’Igad, et la situation tendue avec l’Éthiopie semble avoir pesé dans cette décision. 

L’Igad a exprimé son « regret » face à ce départ et a appelé l’Érythrée à reconsidérer sa décision. Toutefois, la participation limitée d’Asmara depuis 2023 laisse présager que cette rupture n’aura qu’un impact limité sur le fonctionnement de l’organisation. 

L’Érythrée reste l’un des pays les plus fermés du monde, dirigé depuis 1993 par Isaias Afwerki, sans élection organisée depuis son indépendance. Ce retrait marque une nouvelle étape dans la politique étrangère d’Asmara, souvent marquée par l’isolement et les tensions avec ses voisins. 

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