À peine une semaine après la signature à Washington d’un accord de paix présenté comme « historique », l’est de la République démocratique du Congo replonge dans une spirale de violences. Alors que le président américain Donald Trump célébrait un pacte censé mettre fin à trois décennies de conflit, près de 200 000 personnes ont fui leurs villages ces derniers jours, selon l’ONU. La progression du M23, accusé d’être soutenu par le Rwanda, a provoqué au moins 74 morts et des dizaines de blessés, poussant les civils à chercher refuge loin des combats.
Cette nouvelle offensive vise notamment la ville stratégique d’Uvira, à la frontière avec le Burundi, où les rebelles affrontent les Forces armées congolaises et les groupes d’autodéfense Wazalendo. Pour les experts internationaux, l’escalade est particulièrement préoccupante : l’usage croissant de drones d’attaque et de drones suicide marque un tournant dangereux, accentuant les risques pour les populations.
Dans ce contexte déjà explosif, Félix Tshisekedi accuse ouvertement le Rwanda de violer l’accord de paix signé à Washington le 4 décembre. Devant le Parlement, il affirme que des tirs d’armes lourdes ont été effectués depuis la localité rwandaise de Bugarama vers plusieurs zones du Sud-Kivu, causant des pertes humaines et matériels. Le chef de l’État congolais estime que ces attaques constituent une rupture immédiate du cessez-le-feu, censé garantir le retrait des troupes rwandaises et la fin des hostilités. Kigali rejette ces accusations, les qualifiant de « ridicules » et de tentative de détourner l’attention des problèmes internes de Kinshasa.
Malgré l’accord proclamé comme un succès diplomatique majeur par Washington, la situation sur le terrain montre que la paix reste fragile, contestée et encore très loin d’être une réalité pour les millions d’habitants de l’est congolais.