Le week-end dernier, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade du Nigeria à Madrid pour exprimer leur indignation face à la multiplication des attaques visant les communautés chrétiennes dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Cette mobilisation intervient à la suite de l’enlèvement, le 21 novembre, de plus de 300 élèves d’une école catholique, un drame qui a profondément bouleversé l’opinion internationale. Selon les autorités scolaires, une cinquantaine d’enfants auraient réussi à s’échapper, laissant des familles plongées dans une attente insoutenable.
Les protestataires ont appelé à une réaction immédiate pour assurer la protection des chrétiens pris pour cible par les groupes armés. Christiana Wariboko, présidente du Conseil national de la jeunesse du Nigeria, a exhorté la communauté internationale à sortir de sa réserve et à soutenir les populations menacées. Elle a rappelé que la manifestation était organisée au nom des chrétiens nigérians qui, selon elle, vivent aujourd’hui dans la crainte permanente des attaques et des enlèvements.
À Abuja, le président Bola Tinubu a proclamé l’état d’urgence et ordonné un renforcement des forces de sécurité afin d’enrayer l’escalade de la violence. Le gouvernement assure multiplier les opérations de terrain pour contrer la progression des groupes armés responsables d’enlèvements de masse et de massacres. Mais pour les manifestants comme pour de nombreux observateurs, ces mesures restent insuffisantes ou trop tardives face à un phénomène profondément enraciné dans certaines régions du pays.
Cette mobilisation madrilène s’inscrit dans un contexte de pression internationale croissante. Le président américain a mis en garde le Nigeria contre les conséquences d’une réponse jugée insuffisante, évoquant de possibles mesures coercitives si la protection des populations chrétiennes ne s’améliorait pas rapidement. De leur côté, les autorités nigérianes insistent sur le fait que les violences touchent indistinctement toutes les communautés, chrétiennes comme musulmanes. Reste que, pour beaucoup de Nigérians, seul un sursaut national accompagné d’un engagement international plus ferme pourra mettre un terme à cette spirale de terreur.