Dans un article au ton particulièrement incisif publié sur sa page officielle Facebook, le secrétaire général du Mouvement Populaire, Mohamed Ouzzine, a qualifié les fuites attribuées à une réunion de la commission d’éthique du Conseil national de la presse de « catastrophe morale » sans précédent. Selon lui, ces révélations ont « ébranlé la maison de l’éthique » et porté atteinte à une institution censée préserver l’honneur de la profession.
Ouzzine affirme que les extraits divulgués — qui montreraient des « pratiques contraires à la déontologie » au sein d’un organe provisoire chargé de statuer sur des dossiers disciplinaires — mettent en lumière de graves dysfonctionnements en matière de gouvernance dans un secteur aussi sensible que celui des médias et de l’édition. Pour lui, le problème dépasse largement le cas d’un journaliste ou d’un dossier particulier : il révèle une crise structurelle touchant les mécanismes mêmes de fonctionnement du Conseil.
Le dirigeant politique dénonce également le « vide juridique » qui affecte le Conseil depuis l’expiration de son mandat prolongé, ainsi que le retard de près de trois ans dans le renouvellement de ses instances. Une situation qui conduit à une forme de « provisoire permanent », en attendant l’adoption d’une nouvelle loi définissant les modalités de nomination et d’élection.
Ouzzine accuse par ailleurs le gouvernement de vouloir imposer un projet de loi réformant le Conseil en s’éloignant des principes de pluralisme et de représentativité équilibrée. Une démarche qui, selon lui, risque d’accentuer les tensions dans le secteur et de creuser encore davantage la perte de confiance envers les mécanismes d’autorégulation de la presse.
Dans son texte, il s’en prend également à une figure médiatique bien connue, l’accusant de « faire l’apologie de la futilité », « d’exploiter la jeunesse » et « de vivre de subventions ». Il rappelle que cette personnalité a déjà été condamnée dans une affaire de diffusion de fausses informations portant atteinte à la santé du roi, estimant que l’objectif serait désormais de prendre le contrôle des outils d’autorégulation du secteur.
Mohamed Ouzzine conclut en appelant à une « mobilisation collective » et à l’ouverture d’une large concertation institutionnelle avant l’adoption du nouveau cadre légal. À ses yeux, la crise actuelle doit être saisie comme une occasion de refonder durablement l’architecture juridique et médiatique du pays, de manière à garantir l’indépendance de la presse et la protection de ses fonctions stratégiques.