Afrique du Sud : la violence sexiste déclarée catastrophe nationale à la veille du G20

À la veille du sommet du G20 prévu ce week-end à Johannesburg, les autorités sud-africaines ont annoncé la classification officielle de la violence sexiste et des féminicides comme “catastrophe nationale”. Une décision historique, prise dans un pays où, selon ONU Femmes, une femme est tuée toutes les 2,5 heures, soit un taux cinq fois supérieur à la moyenne mondiale. 

Cette annonce intervient après une mobilisation massive organisée le 21 novembre 2025 par l’ONG Women For Change. Dans quinze villes du pays, dont Johannesburg, Pretoria, Durban et Le Cap, des centaines de femmes vêtues de noir ont observé une manifestation silencieuse de 15 minutes, allongées au sol pour symboliser les 15 vies perdues chaque jour à cause des violences sexistes. L’initiative s’inscrivait dans la « G20 Women’s Shutdown », appelant femmes et communautés LGBTQ+ à suspendre toute activité économique durant une journée afin de mesurer l’ampleur de leur contribution sociale. 

Face à cette mobilisation, le Centre national de gestion des catastrophes (NDMC), dirigé par le Dr Bongani Elias Sithole, a revu sa position. D’abord réticent pour des raisons légales, il a finalement estimé, après réévaluation des risques, que la situation répond désormais aux critères d’une catastrophe nationale. La ministre Velenkosini Hlabisa a salué une décision permettant de renforcer les ressources et l’action gouvernementale, sans exclure une future déclaration d’état d’urgence si les violences persistent. 

Le président Cyril Ramaphosa avait déjà reconnu, le 20 novembre 2025, lors du Sommet social du G20, que la violence sexiste constitue une crise nationale. Sur les réseaux sociaux, le « mouvement violet », soutenu par plus d’un million de signatures et des personnalités comme la chanteuse Tyla, a amplifié la pression citoyenne qui a finalement conduit à cette victoire symbolique. 

Malgré cette avancée, de nombreuses Sud-Africaines rappellent que la route est longue. Entre dossiers judiciaires abandonnés, insuffisance des moyens policiers et normalisation culturelle de la violence, les défis restent immenses. « Ce n’est pas un problème policier, c’est un problème national », résume une survivante, appelant à transformer cette reconnaissance officielle en actions concrètes. 

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