Imaginez une uchronie. Un Maroc qui, il y a cinquante ans, aurait pris un tout autre chemin. Non pas celui de la vision et du réalisme géopolitique, mais celui de l’ingérence, de l’illusion stratégique, du pari contre l’Histoire.
1975. Imaginez un royaume construisant non pas son unité, mais l’exil d’un autre peuple. Un Maroc promettant un État qui n’existerait jamais, à des Kabyles déracinés, arrachés à leurs montagnes, à leurs villages, à leur culture.
Imaginez des familles entassées dans le désert, face à Tindouf. Loin de Béjaïa, loin de Tizi Ouzou, loin de la terre où reposent leurs ancêtres.
Et pendant cinquante ans, des enfants nés sans horizon, des vieillards morts sans retour, des générations suspendues à un mirage politique.
Et tout cela en déboursant des milliards de dollars sur le dos des Marocains et de leur développement, pour entretenir l’illusion, financer des camps, des armes, et une cause figée dans le sable.
Alors posez-vous une question simple : si le Maroc avait agi ainsi… comment le jugerait-on aujourd’hui ? Quel regard porterait-on sur lui dans le tribunal silencieux de la conscience universelle ?
Mais cette histoire n’est pas celle du Maroc. Ce pays n’a pas choisi l’exil comme arme, ni le déracinement comme stratégie.
Aujourd’hui, alors que le monde s’apprête à consacrer la pleine souveraineté du Maroc sur son Sahara, il faut un instant de lucidité.
Dans cette région du monde, certains n’ont pas été vaincus par leurs ennemis : non pas défaits par l’Histoire, mais par l’histoire qu’ils ont inventée. Par un rêve coûteux, par cinquante ans de fierté mutée en obsession, et aujourd’hui… par la peur de perdre la face.
Alors, au lieu de colère, c’est peut-être une émotion plus rare qui s’impose : la pitié. Pour ceux qu’un mensonge trop longtemps entretenu a fini par emprisonner.
Car au bout du désert, ce ne sont pas les mirages qui disparaissent. Ce sont les illusions qui dévorent ceux qui les ont créées…